Running/sport et pollution

Plusieurs grandes questions se posent quant à courir ou faire du sport en milieu urbain compte tenu de la pollution ambiante ? Quels sont les effets de cette pollution sur l’organisme, d’un point de vue sanitaire et performance ?

Ce qu’on appelle couramment les particules fines regroupent principalement le dioxyde d’azote, de soufre, le monoxyde de carbone et l’ozone. Ces particules sont 5 à 7 fois plus petites que le diamètre d’un cheveu, elles pénètrent donc profondément dans l’organisme jusqu’aux alvéoles pulmonaires et le sang.

Les problèmes de santé qu’elles entraînent sont multiples comme l’irritation des muqueuses respiratoires engendrant toux, asthme, allergie, cancer du poumon, accident vasculaire cérébral. L’organisation mondiale pour la santé (OMS) estime une baisse de l’espérance de vie de 8 à 10 mois en Europe à cause de l’exposition à ces particules.

Il faut savoir que la quantité de ces polluants ingérés dépend de l’intensité de la pratique sportive. Les particules se trouvent dans l’air et donc dans l’oxygène. Plus l’effort est intense, plus il demande d’oxygène, par voie de conséquence plus notre organisme absorbe des particules fines. Par ailleurs selon l’étude de Miller et Al (2007), il apparaît que les femmes sont beaucoup plus sensibles et réceptives aux particules fines et donc aux maladies qui y sont liées.

Par esprit de préservation faut-il pour autant ne rien faire ?

En réalité il apparaît que l’inactivité serait bien plus nocive pour la santé qu’une pratique sportive en milieu pollué.

Selon plusieurs études (Vieira et al. 2012) et (Hartog et al. 2010), pratiqué une activité physiques en plein air plusieurs fois par semaine permettrait à long terme de contrebalancer les méfaits de la pollution, notamment en renforçant les capacités du corps à se protéger contre les radicaux libres contrairement aux personnes sans activité qui présenteraient un stress oxydatif et une irritation des poumons.

Selon leurs estimations, bien que l’espérance de vie soit réduite de 0,8 à 40 jours à cause de la pollution de l’air, elle serait prolongée de 3 à 14 mois grâce à l’activité physique régulière.

Les bienfaits du sport dépasseraient les risques liés à l’activité physique dans un air pollué, donc l’excuse pour ne pas aller courir en milieu urbain n’est désormais plus valable.

Cependant il existe quelques petites astuces pour éviter d’en ingérer en quantité :

  • s’entraîner très tôt le matin avant 7h30 quand le trafic routier est encore faible ou après 21h00
  • privilégier les zones éloignées des axes routiers
  • maintenez un effort à intensité modérée car comme on l’a vu précédemment plus on augmente en intensité plus on absorbe de polluants
  • le système respiratoire des enfants de moins de 10 ans n’est pas terminé, il est donc important d’y prêter une grande attention
  • pour les plus courageux, voyez les temps de pluies comme des opportunités, les pluies ayant un effet assainissant
  • adopter une alimentation riche en antioxydants (fruits, légumes, thé vert etc) pour protéger vos cellules contre ces agressions
  • planifier les séances longues et intenses pour le week-end si vous pouvez aller dans des endroits peu pollués (campagne…)